
Léon
Léon est un ver de terre comme les autres. Il vit sous la terre, entouré de toute sa famille.
Comme tous les vers, il joue un rôle très important : en creusant des galeries, il permet à l’air et à l’eau de mieux circuler dans le sol. Grâce à lui, les plantes poussent mieux, et la terre devient plus riche.
Mais Léon, lui, ne trouve plus cela amusant.
Depuis quelque temps, il rêve de voir la surface. Il ne veut pas passer toute sa vie sous terre à creuser sans jamais découvrir le monde d’en haut.
Un jour, il dit à ses parents :
— J’en ai assez de creuser des trous dans le sol. Je veux monter à la surface !
Son père, Jean, lui répond :
— Tu ne peux pas aller là-haut. C’est dangereux. Notre place est ici, sous la terre.
Sa mère, Jeanne, ajoute doucement :
— Un jour, tu seras adulte, tu fonderas une famille et tu feras comme nous…
Mais Léon secoue la tête :
— Si c’est ça, la vie d’un ver, je n’en veux pas. Je préfère découvrir le monde d’en haut.
Jean soupire, puis finit par dire :
— Très bien. Tu peux y aller… mais tu reviendras aussitôt. Termine d’abord ta galerie.
Jeanne, inquiète, murmure :
— Là-haut, c’est dangereux…
Mais Jean répond :
— Nous aussi, nous étions curieux quand nous étions jeunes. Il faut qu’il découvre par lui-même.
Léon est impatient. Il se dépêche de terminer sa galerie, dit au revoir à sa famille, puis creuse vers le haut.
La terre devient de plus en plus dure… jusqu’à ce qu’il aperçoive une petite lumière.
Il pousse encore un peu… et soudain…
Il découvre le jour.
Ébloui, Léon cligne des yeux. Il n’avait jamais vu le ciel ni le soleil.
La chaleur lui caresse le corps, une légère brise souffle, et autour de lui s’étend un champ rempli d’herbes et de fleurs sauvages.
— Que c’est beau… murmure-t-il.
Mais très vite, Léon commence à se dessécher. Sous terre, tout était humide. Ici, il fait chaud.
Il cherche un coin d’ombre… quand soudain une grande ombre passe au-dessus de lui.
Avant qu’il comprenne, une buse plonge et l’attrape dans son bec.
— Oh ! s’écrie Léon. Je vois tout d’en haut… comme c’est magnifique !
Mais l’oiseau le lâche, et Léon retombe violemment dans l’herbe.
Un peu plus loin, il rencontre une limace cachée sous une pierre.
— Hé, petit, que fais-tu ici ? demande-t-elle.
— Je découvre la surface ! répond Léon. Je m’appelle Léon. Et vous ?
— Moi, c’est Tino. Et crois-moi, tu ferais mieux de retourner sous terre. Ici, c’est dangereux.
Léon apprend alors que les oiseaux mangent les vers.
Effrayé, il demande :
— Puis-je rester près de vous ?
— Juste pour cette nuit, répond Tino. Après, tu te débrouilles.
La nuit tombe. L’air devient frais et humide.
Tino donne quelques conseils à Léon sur les dangers de la surface, puis ils s’endorment.
Pendant ce temps, sous terre, Jeanne s’inquiète. Elle sait combien le monde d’en haut peut être cruel… mais il est trop tard.
Le lendemain, Léon se retrouve seul.
Il continue son chemin… et croise un serpent.
— Ne me mange pas, je suis trop petit ! dit-il.
Le serpent hésite… puis le laisse partir.
Plus loin, un renard veut le dévorer.
— Tu mérites un meilleur repas que moi, dit Léon.
Le renard accepte et s’en va.
Puis un crapaud apparaît.
— Je suis couvert de terre, tu ne voudrais pas te salir ! dit Léon.
Le crapaud grimace et le laisse tranquille.
Jusque-là, Léon a beaucoup de chance…
Mais soudain, la pluie tombe.
Heureux de retrouver l’humidité, Léon profite du moment… quand la terre se soulève brusquement.
Un homme avec une pelle l’attrape et le met dans une boîte avec d’autres vers.
— Que se passe-t-il ? demande Léon.
Les autres lui expliquent qu’ils vont servir d’appâts pour la pêche.
Léon ne comprend pas encore le danger…
Le lendemain, le pêcheur emmène la boîte au bord d’un lac.
Un à un, les vers sont accrochés à un hameçon et jetés dans l’eau.
Quand vient le tour de Léon, il est pris et transpercé.
— Aïe !
Il tombe dans l’eau et voit arriver une énorme carpe.
— Je vais te manger ! dit-elle.
Pris de panique, Léon a une idée : il fait le mort.
La carpe, déçue, s’éloigne.
Le pêcheur remonte sa ligne, voit que Léon ne bouge plus, et le jette au sol.
Épuisé mais vivant, Léon se cache.
Plus tard, les vers restants sont libérés, et Léon s’enfonce dans la terre.
Cette fois, il ne veut plus remonter.
Il pense à sa famille… et comprend que son père avait raison.
Il décide alors de rester sous terre, de creuser, de nourrir la terre… et de fonder sa propre famille.
🌿 Le savais-tu ?
Les vers de terre sont très importants pour la nature ! En creusant des galeries dans la terre, ils permettent à l’air et à l’eau de circuler plus facilement. Ils mangent des petits morceaux de plantes et transforment la terre en un sol riche et fertile. Grâce à eux, les plantes peuvent mieux pousser. Ce sont de véritables petits jardiniers sous nos pieds !